Boire (verbe, subst. masculin)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
I.
( je bois, nous buvons ; je buvais, nous buvions ; je bus ; je boirai ; je boirais ; bois, buvons ; que je boive, que nous buvions ; que je busse ; buvant ; bu ). X e siècle, beuvre, boivre. Du latin bibere. Devenu
1. Avaler un liquide pour se désaltérer, se nourrir, etc. Boire de l'eau, du vin, du café. Les jeunes enfants boivent beaucoup de lait. Boire une orangeade, un apéritif. Boire une goutte, une larme, un soupçon, un doigt de cognac. Boire à petites gorgées. Boire d'un trait, à longs traits. Boire frais, glacé. Boire tiède, chaud. Boire à la fontaine, dans le creux de sa main, à la bouteille. Boire à la régalade, en portant la tête en arrière et en versant la boisson dans la bouche, sans que le récipient touche les lèvres. Faire
2. Spécialt. (Sans précision de complément.) Absorber du vin ou une boisson alcoolisée. Il ne boit jamais, il est sobre. Il a bu, trop bu, il est ivre. Il boit beaucoup, il boit sec, il aime l'alcool, les boissons fortes. Offrir, payer à
3. Fig. Jouir avec avidité de quelque chose, se laisser pénétrer, imprégner par quelque chose. Boire les paroles de quelqu'un, les écouter avec une attention admirative. Boire un affront, une injure, les supporter sans en témoigner de ressentiment. Avoir toute honte bue, n'avoir plus honte de rien.
4. Par anal. En parlant des choses. Absorber, s'imbiber de. La terre a bu l'eau. Ce papier boit l'encre. La peinture a été bue par le bois. Les légumes ont bu toute l'eau de cuisson.
5. Ce cheval boit l'obstacle, le franchit très aisément.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
("Je bois; nous buvons. Je buvais. Je bus. Je boirai. Bois. Que je boive. Que je busse. Buvant. Bu.") Avaler un liquide. "Boire de l'eau, du vin, de la bière, etc." Absolument, "Boire frais. Boire chaud. Boire à la fontaine. Boire dans le creux de la main. Boire dans un verre. Boire d'un trait. Boire à longs traits, à la régalade." Par extension, "Boire un verre, une bouteille de cidre."
"Donner à
"Vin prêt à
"Chansons à
"Cet homme boit bien, il boit sec," Il boit beaucoup. "Boire d'autant," Boire beaucoup. "Boire à sa soif," Ne
Pop., "Boire à tire-larigot,
"Boire à la santé de quelqu'un," Exprimer des voeux pour la santé de quelqu'un en buvant. On dit aussi "Boire une santé, des santés." On dit de même "Boire à quelqu'un. Boire au retour, au prompt retour, à l'heureux voyage, aux succès de quelqu'un, etc."
"Boire au bon retour de quelqu'un" signifie aussi Boire en signe de joie de son arrivée.
"Boire à la ronde," Boire tour à tour, les uns après les autres.
"Après
"Donner pour
Fig., "Boire le vin de l'étrier," ou "le coup de l'étrier," Boire un verre de vin quand on est prêt à partir.
Fig. et fam., "C'est la mer à
Il se dit encore de Quelqu'un qui court le risque de se noyer. "Quand on vint à son secours, il commençait à
"Il y a à
Prov., "Qui bon l'achète, bon le boit," se dit en parlant d'un Bon vin. Fig. et fam., il signifie Il ne faut point plaindre l'argent à de bonne marchandise.
Prov. et fig., "On ne saurait faire
Prov. et fig., "Le vin est tiré, il faut le
Fig., "Boire le calice," Se soumettre à faire ou à souffrir ce qu'on ne saurait éviter. "Boire le calice jusqu'à la lie," Souffrir une humiliation complète, une douleur longue et cruelle, un malheur dans toute son étendue.
Fig., "Boire un affront," Souffrir une injure sans en témoigner de ressentiment. "Avoir toute honte bue," N'avoir plus honte de rien.
Prov. et fig., "Qui fait la faute, la boit," Celui qui a fait une faute en doit porter la peine.
"Le roi boit!" ou "La reine boit!" Acclamation usitée dans les repas le jour des Rois, lorsque le roi ou la reine de la fève boit.
Il signifie aussi Boire avec excès, s'enivrer. "Il est sujet à
Prov. et fig., "Qui a bu boira," se dit en parlant d'un Défaut dont on ne se corrige jamais.
Il signifie aussi, en parlant des choses, S'imbiber, s'imprégner. "Ce papier boit," L'encre passe au travers. "La terre boit l'eau. L'éponge boit."
BOIRE s'emploie aussi comme nom masculin dans cette locution figurée et familière, "Il en oublie, il en perd le
1ère définition d'Emile Littré
1 Avaler un liquide. Il boit du vin. Vous
2 Dépenser à
BÉRANG.: « Il [mon aïeul] but ainsi son héritage ; Que son âme soit en repos ! »
BÉRANG.: « Buvons gaîment l'argent de mon tombeau »
À
3 Fig.
MAIR.: « Que tout seul, s'il se peut, je boive tout le fiel Que répandrait sur vous la colère du ciel »
RAC.: « Et d'enfants à sa table une riante troupe Semblait
J. B. ROUSS.: « La céleste troupe, Dans ce jus vanté, Boit à pleine coupe L'immortalité »
THOMAS: « Le germe des douleurs infecte leur repas ; Et dans des coupes d'or ils boivent le trépas »
DELILLE: « Quand pourrai-je.... Boire l'heureux oubli des soins tumultueux »
LAMART.: « Adieux, regrets, baisers.... Mon âme s'en troublait, mon oreille ravie Buvait languissamment ces prémices de vie »
Boire, dans le sens d'être obligé d'endurer.
RÉGNIER: « Honorable défaite.... Encores derechef me la fallut-il
RÉGNIER: « Qui gai fait une erreur, la boit à repentance »
HAMILT.: « Ayant bu la première honte »
MOL.: « Malheureux que je suis ! il faut que je boive l'affront »
MOL.: « Mon frère, doucement il faut
J. J. ROUSS.: « Ils boivent les affronts comme l'eau »
MASSON: « Il boit, en expirant, le plus horrible affront : Les pieds d'un malheureux suspendu sur sa tête Renversaient sa couronne et lui battaient le front »
4 Absolument,
MOL.: « Vous buviez sur son reste, et montriez d'affecter Le côté qu'à sa bouche elle avait su porter »
LA FONT.: « Soyons bien buvants, bien mangeants, Nous devons à la mort de trois l'un en dix ans »
LESAGE: « J'ai soupé hier avec trois des plus jolies femmes de Paris ; nous avons bu jusqu'au jour.... »
Boire son soûl,
Boire à la santé de quelqu'un, faire des voeux pour quelqu'un en buvant. Nous buvons à votre heureux retour.
BÉRANG.: « Qu'on boive aux maîtres de la terre, Qui n'en boivent pas plus gaîment »
On dit aussi,
SÉV.: « Je voudrais bien les remercier d'avoir bu ma santé ; la vôtre fut bue avant-hier chez la princesse de Tarente »
Boire sec. Cet homme boit sec, c'est-à-dire il boit beaucoup.
Le roi boit ! la reine boit ! Acclamation usitée dans les repas du jour des Rois, lorsque le roi ou la reine de la fève boivent.
Boire, être ivrogne. Cet homme a le défaut de
Donner à
Chanson à
SÉV.: « Elle chanta vingt chansons à
MOL.: « Chanter un air à
Donner pour
SÉV.: « Je lui donnerai de quoi
Après
RÉGNIER: « Un poëte n'est bizarre et fâcheux qu'après
LA FONT.: « Un beau jour, après
A. CHÉN.: « Eh bien ! nous lirez-vous quelque chose aujourd'hui ? Me dit un curieux qui s'est toujours fait gloire D'honorer les neuf soeurs et toujours, après
Fig.
RAC.: « Ils boiront dans la coupe affreuse, inépuisable, Que tu présenteras au jour de ta fureur, à toute la race coupable »
En langage poétique,
Boire, courir risque de se noyer. On est allé à son secours ; il commençait à
Terme de manége. Un cheval qui boit dans son blanc, est un cheval qui a le nez blanc ; un cheval qui boit la bride, a le mors trop enfoncé dans la bouche.
5 S'imbiber, s'imprégner de. L'éponge boit l'eau. La terre brûlée longtemps par le soleil, but la pluie.
Absolument. Ce papier boit, il se laisse pénétrer par l'encre.
Fig.
RAC.: « La terre humectée But à regret le sang des neveux d'Érecthée »
MALF.: « Telle est Iris, quand un nuage obscur, Chargé de pluie, altéré de lumière, Boit le soleil, et vers notre paupière Réfléchit l'or et la pourpre et l'azur »
6 V. n. Terme de tannerie. Faire
7 Terme de couturière. Faire
Terme de marine. Faire
En ces deux derniers emplois,
8 Se
PROVERBES
Boire comme un templier, comme une éponge ;
Boire le vin du marché,
Boire le vin ou le coup de l'étrier,
Qui fait la faute la boit, on porte la peine des fautes qu'on fait.
VOLT.: « Prononcez seulement ces mots in, cum, sub, et buvez du meilleur »
LA FONT.: « Si je pouvais remplir mes coffres de ducats ! Si j'apprenais l'hébreu, les sciences, l'histoire ! Tout cela c'est la mer à
HISTORIQUE
XIème siècle
Ch. de Rol. CLXXVI: Li mieux gariz [protégés] en ont boüd [se sont noyés] itant
XIIème siècle
Ronc. p. 105: S'il en bevoit, ne fust mort erramment
Couci, XIX: Onques Tristans, cil qui but le brevage, Plus loiaument n'ama sans repentir
XIIIème siècle
Berte, XIX: Et quant il lui donnoit à
ib. XXVII: Volentiers [elle] en beüst, mais trouble ert [était l'eau] com godale [sorte de bierre]
ib. LI: À son plaisir elle a et mangié et beü
Bl. et Jeh. 2711: Illuec [il] eüst esté noiiés ; Mais li peschieres à esploit S'en vint au comte qui buvoit
Chron. de Rains, p. 87: Si ot non li legas de France maistre Robiers de Crescon et estoit englois, preudomme, mais volentiers buvoit ; par Dieu ! ainsi sont maint preudome
Liv. des mét. 202: Il convient que il [le fripier] doint au roy pour le mestier XXV deniers de la haubanerie, et XII deniers à boivre aus compaignons
Ren. 15748: Il est bien raison que l'anui Que je ai porchacié reçoive ; Droiz est que ma folie boive
ID.: « Je ne sui mie encore morz ; Moult avez tost le duel beü Que vos avez de moi eü »
la Rose, 2566: À ce sunt cil bien cognoissant Qui vont les dames traïssant, Qui dient por eus [els, elles] losengier Qu'il ont perdu boivre et mengier
ib. 1488: Et quant il vint à la fontaine Que li pins de ses rains [branches] covroit, Il se pensa que il bevroit
ib. 6012: Il n'est nus qui de celi boive, Boive en neïs plus qu'il ne doive [même s'il en boit plus qu'il ne doit], Qui sa soif en puisse estanchier, Tant a le boivre dous et chier
RUTEB.: « S'il fist folie, si la boive »
JOINV.: « Et li dit que il looit [conseillait] qu'il se traïsist [retirât] à main destre sur le flum, pourceque ses serjans eussent à
JOINV.: « Ses chevaliers sarrazins se mistrent en la ville et comencerent à boivre des vins, et furent maintenant touz ivres »
XIVème siècle
ORESME: « Et semblablement ne desirent pas touz unes meismes viandes ou
XVème siècle
FROISS.: « Et usent grand foison d'espices, par especial de sucre et aussi de lait de chevres ; ce sont les communs
FROISS.: « Pensez à vos besognes, car jamais je ne buverai ni ne mangerai tant que vous soyez en vie »
FROISS.: « [Les Anglais naufragés sur la côte d'Irlande] burent assez »
FROISS.: « L'endemain, après messe et après
CH. D'ORL.: « Puisqu'il est trait [tiré], il le faut
G. CHASTEL.: « Il lui falloit adviser necessairement comment il pourroit mieulx
VILLON: « En l'an de mon trentieme eage, Que toutes mes hontes j'eu beues, Ne de tout fol encor ne sage »
XVIème siècle
MAROT: « Plus tost beuront [boiront] les Partes Araris »
MAROT: « [Les rivières] Qui d'une part en la terre se boivent : Autres plusieurs en la mer se reçoivent »
RAB.: « Je boiray par Dieu et à toy, et à ton cheval »
MONT.: « Ils en perdent le
MONT.: « Boire chaud,
LOYSEL: « Qui fait la faute, il la boit »
D'AUB.: « Les premiers harquebusiers qu'on avoit poussez beurent seuls quelque fumée, et firent la pluspart du meurtre en attendant les autres »
D'AUB.: « Premier que de joindre, il lui fallut
D'AUB.: « Parmi les pleurs et la tristesse, ce prince beut les remonstrances des pasteurs et des amis [les accueillit], et rompit les mauvaises esperances de la cour, en espousant la soeur du duc de Longueville »
D'AUB.: « Si peu de pieces qu'ils menoient n'eussent peu passer du costé du Vivarets, d'où les montagnes vont
D'AUB.: « Ceux qui firent cette sortie, et qui en beurent le premier peril sont en cette compagnie »
D'AUB.: « En mesme temps commença la tranchée, qui vint percer la contr'escarpe et
PARÉ: « Un Allemand de la garde s'estoit fort beu »
RONS.: « La terre les eaux va boivant, L'arbre la boit par sa racine, La mer salée boit le vent, Et le soleil boit la marine ; Le soleil est beu de la lune, Tout boit soit en haut ou en bas : Suivant ceste reigle commune, Pourquoy donc ne boirons-nous pas ? »
GÉNIN: « Point ne parle à celui qui boit »
ÉTYMOLOGIE
Bourguig. borre ; Berry, bere, beuvre ; provenç. beure ; catal. beurer ; espagn. beber ; ital. bevere ; du latin bibere ; rattaché au grec,
2ème définition d'Emile Littré
| Subst. masculin |
Ce qu'on boit à ses repas.
LA FONT.: « ....N'eussent pas au marché fait vendre le dormir Comme le manger et le
Fig. et familièrement. Il en oublie, il en perd le
HAMILT.: « Il en perdit le
ÉTYMOLOGIE
Boire ; norm. bére, cidre.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 2. BOIRE. Ajoutez :
2 Opération par laquelle on remplit les viviers, au bord de la mer, en levant la vanne à marée montante, H. BOUT, Rev. Britann. avril 1871, p. 428.
3ème définition d'Emile Littré
| Subst. féminin |
1 Nom donné, dans les départements de Maine-et-Loire et de la Loire-Inférieure, aux anses ou petits golfes de la Loire.
LEGOARANT: « Il y a près de notre village une belle
2 Terme de pêche. Communications que les mares, fossés ou chantepleures ont avec les rivières, ou bien fosses pratiquées sur les bords des rivières. La pêche ne peut être affermée au profit de l'État dans les
ÉTYMOLOGIE
Bas-lat. borra, creux plein d'eau ; ital. borro, fosse creusée par les torrents de montagnes. Sauf ces rapprochements, on ne sait rien sur l'origine de ce mot.
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
("Je bois, tu bois, il boit; nous buvons, vous buvez, ils boivent. Je buvais. Je bus. Je boirai. Je boirais. Bois. Que je boive. Que je busse. Buvant. Bu.") Avaler un liquide. "Boire de l'eau, du vin, de la bière, etc. Boire une médecine, de la tisane, du bouillon, du café, etc. Boire pour se désaltérer, pour se rafraîchir. Ne faire que
"Donner à
"Vin prompt à
"Chansons à
"Cet homme boit bien, il boit sec," Il boit beaucoup. "Boire d'autant," Boire beaucoup. "Boire à sa soif," Ne
Prov., "Boire à tire-larigot,
"Boire rasade, une rasade, un rouge bord," Boire un verre plein de vin,
"Boire un doigt de vin," Boire un petit coup.
"Boire à la santé de quelqu'un," Exprimer des voeux pour la santé de quelqu'un en buvant. On dit aussi, "Boire une santé, des santés." On dit de même: "Boire à quelqu'un. Boire aux inclinations de quelqu'un. Boire au retour, au prompt retour, à l'heureux voyage de quelqu'un. Etc."
"Boire au bon retour de quelqu'un," signifie aussi, Boire en signe de joie de son arrivée.
"Boire à la ronde," Boire tour à tour, les uns après les autres.
Fam., "Boire ensemble," Faire un repas ensemble. "Quand boirons-nous ensemble? Il les réconcilia, et les fit
"Donner pour
Prov., "Boire le vin du marché," Boire ensemble après la conclusion d'un marché, d'une affaire, en signe de ratification.
Prov., "Boire le vin de l'étrier," Boire un verre de vin quand on est près de partir.
Prov., "À petit manger bien
Prov. et fig., "C'est la mer à
Fig. et fam., "Il n'y a pas de l'eau à
Fig. et fam., "Il y a à
Prov., "Qui bon l'achète, bon le boit," se dit en parlant D'un bon vin. Ce proverbe s'emploie aussi figurément, et signifie alors, Il ne faut point plaindre l'argent à de bonne marchandise.
Prov. et fig., "On ne saurait faire
Prov. et fig., "Le vin est tiré, il faut le
Fig., "Boire le calice," Se soumettre à faire ou à souffrir ce qu'on ne saurait éviter. "Boire le calice jusqu'à la lie," Souffrir une humiliation complète, une douleur longue et cruelle, un malheur dans toute son étendue.
Fig., "Boire un affront," Souffrir une injure sans en témoigner de ressentiment.
Prov. et fig., "Qui fait la faute la boit," Celui qui a fait une faute en doit porter la peine.
"Le roi boit!" ou "La reine boit!" Acclamation usitée dans les repas du jour des Rois, lorsque le roi ou la reine de la fève boivent. "Ils nous ont bien fait crier, Le roi boit! la reine boit!"
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi, Boire avec excès, s'enivrer. "Il est sujet à
Prov. et fig., "Qui a bu boira," se dit en parlant D'un défaut dont on ne se corrige jamais.
Prov., "On ne saurait si peu
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit également De certaines choses. "Ce papier boit," L'encre passe au travers. "La terre boit l'eau," Elle s'en abreuve, elle s'en pénètre. "L'éponge boit," Elle absorbe l'eau.
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Subst. masculin |
Ce qu'on boit à ses repas. "On lui apprête son
Fig. et fam., "Il en oublie, il en perd le
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
["Boâ-re", 1re lon. 2e "e" m.] Je "bois", tu "bois", il "boit"; nous "buvons", vous "buvez", ils "boivent". Je "buvais"; je "bus", j'"ai bu"; je "boirai". "Bois;" que je "boive", nous "buvions", vous "buviez", ils "boivent"; je "boirais"; que je "busse", que tu "busses", qu'il "bût", que nous "bussions", etc. "Buvant", "bu".
"Rem." Les badauds de Paris disent, je "burai", tu "buras", il "bura", etc. Il faut dire, je "boirai", tu "boiras", il "boira", etc. Les Provinciaux disent, "en boivant;" il faut dire, "en buvant". Mén.
BOIRE, avaler une liqueur. "Boire de" l'eau, "du" vin, "de la" bierre, "des" liqueurs, etc. "Boire" frais, "boire" à la glace. "Boire un" grand coup, "un" grand trait; "boire" à longs traits; doner, verser "à
On dit, proverbialement, "boire" comme un trou, "
- "Boire à sa soif", ne
- "Boire" un "doigt de vin"; un petit coup; "une" rasade, "un" rouge bord; un verre tout plein jusqu'au bord.
BOIRE "la" santé, ou~ "à la" santé "de"; "
"À~ petit manger bien
- En parlant du vin, "qui bon l'achète", "bon le boit"; ce qui s'aplique au figuré, pour dire, qu' il ne faut pas plaindre l'argent à de bonne marchandise.
- "On ne peut faire
- "Le vin est tiré, il faut le
2°. BOIRE, signifie quelquefois "s'ennivrer". 'Il est sujet à "boire", il "boit".
- Le papier "boit", l'encre perce à travers; la terre "boit l'eau", elle s'en abreûve. En ce sens, on dit que l' éponge "boit".
3°. BOIRE se dit figurément, pour signifier soufrir avec patience quelqu'infortune qu'on ne peut éviter, faire une chôse par une force majeûre. 'Il falut "
Qui fait une erreur "la boit" à repentance.
Reg.
'Qui fait la faute "la boit".
- Hors de là, "boire" ne se dit point au figuré. L'Ab. "Desfontaines" blâme "la Motte" d'avoir dit:
La nuit se passe aux camps, où cependant les troupes
"Boivent" dans les festins "l'espoir" à pleines coupes.
Je pense qu'il n'aurait pas plus épargné Mde. "Dacier", qui dit aussi: 'Elle écoute leurs discours, "les boit" avec avidité. "Odyssée".
- "Boire des discours", et "
- "Racine" et "Rousseau", employant des expressions pareilles, les adoucissent~ par des correctifs.
Et d'enfants, à sa table, une riante troupe,
"Semble
"Racine".
De ces vautours de la société,
Qui, "comme l'eau, boivent l'iniquité".
"Rouss."
Cette dernière expression est consacrée.
- Mais M. "Roucher", plus hardi, dit crument et sans correctif, qu'un oeil "boit les" doux "pavots" du someil; qu'un coeur "boit un" long amour, etc. Dans cette dernière expression, il a voulu luter contre ces vers de Virgile.
Nec non et vario noctem sermone trahebat
Infelix Dido, "longumque bibebat amorem".
Mais les goûts des langues sont diférens, et ce qui réussit dans l'une, déplait souvent dans l'aûtre.
BOIRE, s. m. "Le
Emplacement dans le dictionnaire :
| boeuf bog boghei bogue boguette bohème boheme | bohème ou bohémien bohémien bois boisage boisé boisement | boiser boiserie boisseau boisselée boisselier boissellerie boisson |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)...habitué à cette chaleur et à cette limpidité bleue des tropiques, et, ici, il semblait qu'il y eût un suaire jetant une nuit sinistre sur le monde. Et puis aussi il se disait qu'il ne voulait plus boire, non pas que ce fût bien mal après tout, et, d'ailleurs, c'était la coutume pour les marins bretons ; mais il me l'avait promis d'abord, et ensuite, à vingt-quatre ans, on est un grand garçon revenu...
Citation n°2 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)
...de belle humeur. Ils étaient venus de loin, de leurs petites chaumières moussues, éparpillées dans la campagne sauvage, pour assister à cette grande fête de la ville. Et avec ceux-là il fallait boire : du cidre, du vin ; c'était à n'en plus finir. Le bruit allait croissant, et des marchands de complaintes à la voix rauque chantaient, en breton, sous des parapluies rouges, des choses à faire...
Citation n°3 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)
...la fatalité acharnée contre lui, car, cette fois, il n'était pas bien coupable. Et tout cela arrivait maintenant qu'il était plus sage, maintenant qu'il faisait de grands efforts pour ne plus boire et se bien conduire ! CHAPITRE XXXII Quand je revins dans ma chambre lui dire qu'on allait le mettre aux fers, je le trouvai assis sur mon lit, les poings fermés, les dents serrées de rage. Sa...
Citation n°4 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)
...accepté à cause de deux quarts de vin qu'on lui avait promis. Le roulis le remuait, le gênait dans sa besogne, lui dérangeait son cadavre, et il s'impatientait dans l'attente de ce vin qu'il allait boire. D'abord les pieds ; on lui avait recommandé de les bien serrer, à cause du boulet qu'on y attache pour faire couler le mort. Ensuite il cousait en remontant le long des jambes ; on ne voyait...
Citation n°5 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)
...composés surtout de chênes verts, dont le feuillage est si sombre. Puis on s'engageait dans les chemins particuliers du domaine ; on passait devant le puits où les boeufs attendaient leur tour pour boire. Et enfin on ouvrait le vieux petit portail ; on pénétrait dans la première cour, espèce de préau d'herbe, déjà plongé dans l'ombre tout à fait obscure de ses arbres de cent ans. L'habitation était...
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